Cathedrale Saint-Jean de Besançon

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Les orfrois de Jean Carondelet

Flandres, XVIème siècle


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Jean Carondelet, archevêque de Palerme, membre du Conseil privé des Pays-Bas, haut-doyen du Chapitre métropolitain de Besançon et abbé de Montbenoit, appartenait à une famille franc-comtoise qui, comme les familles Bonvalot ou Granvelle, a bâti une fortune brillante au XVIème siècle en servant les empereurs du Saint-Empire.

Ce haut dignitaire a offert en 1539 aux deux cathédrales St-Jean et St-Etienne deux "ornements" (vêtements sacerdotaux : chasubles et dalmatiques) dont les décors évoquaient la vie de chacun des deux saints patrons.
Les déclarations du Chapitre nous apprennent qu'à l'origine, ces bandes richement brodées étaient montées sur un velours cramoisi lui-même brodé de fleurs d'or.
Les médaillons des orfrois exposés dans la salle du trésor racontent l'histoire de "l'invention" (ie découverte) des reliques de Saint Etienne, découverte qui, au Vème siècle, a fait grand bruit dans toute la chrétienté.


Au bas de la broderie, on distingue le mot "Matura", impératif du verbe latin "Maturare" signifiant mûrir, réfléchir. C'est la devise de Jean Carondelet, le donateur. Ce personnage a été l'ami des intellectuels de son temps, notamment d'Erasme, et a également soutenu les artistes en tant que protecteur et commanditaire.

Le terme d'orfrois appliqué à ces broderies provient des mots "or" et "frise".
Le procédé de "l'or nué" consitait à tendre des fils d'or pour établir la chaîne sur laquelle on tissait des fils de trame en soie. En jouant sur le serrage des fils de soie, on laissait plus ou moins apparaitre les fils d'or, ce qui permettait de créer des dégradés subtils entre la soie et l'or ainsi que des effets de lumière et de profondeur variés.
En bordure des médaillons, le relief etait réalisé au moyen du procédé appelé "l'or sur ficelle" (le fil d'or est enroulé autour du fil-support).

Depuis la révolution française, on avait totalement perdu la trace de ces pièces de grande qualité lorqu'en 1869 le Cardinal Mathieu (1834-1875), en procession dans le village de Montdoré, se laissa distraire par les broderies exceptionnelles qui ornaient l'intérieur du dais sous lequel il se trouvait. Après la cérémonie, il obtint les ornements en question, offrant un dais neuf à la paroisse.




L'invention des reliques de saint Etienne

Au V° siècle, un prêtre nommé Lucien est endormi dans un sanctuaire près de Jérusalem, et se trouve réveillé par un personnage qui lui apparait. Il s'agit de Gamaliel, l'homme qui enseigna la foi juive à Saül, le futur St Paul.



Gamaliel demande au prêtre Lucien d'entreprendre des recherches pour retrouver les restes mortels de St Etienne. Celui-ci hésite, craignant qu'il ne s'agisse d'une manifestation du démon. Gamaliel apparait une seconde fois, puis une troisième et se fâche car Lucien tarde trop. On entreprend les fouilles, mais on creuse au mauvais endroit.



Gamaliel apparait alors une quatrième fois à un moine, nommé Miget, et lui indique le lieu où on retrouvera les reliques.

Les reliques du premier et très vénéré martyr chrétien sont enfin retrouvées. Jean, l'évêque de Jérusalem, est prévenu et les reliques sont extraites au milieu d'une joie générale.

Vous pouvez retrouver l'histoire du culte de saint Etienne à Besançon dans les archives du trésor de février 2014 : "Reliquaire du bras de saint Etienne".



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